Une liane aux petites fleurs violettes transforme des coins de nature en pièges verts. Vous la voyez souvent maintenant sur les berges et dans les marais du Vaucluse. Il s’agit de la Périploque de Grèce, surnommée le bourreau des arbres, et son expansion inquiète.
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Qu’est-ce que la Périploque de Grèce ?
La Périploque de Grèce est une liane d’origine méditerranéenne, présente autrefois surtout sur les plages de Grèce et d’Italie. Ses fleurs forment une étoile violette. Elle apprécie les sols sableux et les endroits très ensoleillés.
Autrefois rare et même protégée dans certaines régions d’Italie, cette plante montre aujourd’hui un comportement invasif. Les hivers plus doux et la modification des habitats favorisent son installation en bord de rivières et dans les zones humides.
Pourquoi cette plante inquiète-t-elle en Vaucluse et dans les Bouches‑du‑Rhône ?
La liane se propage rapidement. Ses graines voyagent par le vent et souvent par l’eau. Sur les rives du Rhône, de la Durance et des Sorgues, on observe désormais des nappes denses qui étouffent la végétation locale.
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Un naturaliste du CEN PACA a constaté des changements marqués, par exemple au Marais du Planas à Pujaut. Là où des restaurations avaient pour but de gérer les crues et de favoriser la biodiversité, la périploque prend le dessus et modifie les habitats.
Quand elle atteint sa maturité, la liane grimpe sur les arbres et peut recouvrir jusqu’à quatre mètres de hauteur. Elle bloque la lumière, affaiblit les arbres et réduit la diversité des plantes autochtones.
Comment reconnaître la plante sur le terrain ?
Quelques signes faciles à repérer :
- Fleurs petites, en forme d’étoile, de couleur violet pâle.
- Tiges rampantes puis grimpantes qui encerclent les troncs.
- Végétation très dense au sol puis montée en flèche sur les supports.
- Présence sur sols sablonneux et berges baignées de soleil.
Si vous voyez une liane qui recouvre un arbre comme un manteau, il y a fort à parier qu’il s’agit de la Périploque de Grèce.
Comment agir ?
Mesures que vous pouvez prendre
Ne paniquez pas, mais soyez attentif. En cas de petite colonie, arrachez les jeunes plants avant qu’ils ne fleurissent. Creusez autour de la souche pour retirer les racines. Mettez les plantules et fleurs dans des sacs fermés et ne les joignez pas au compost domestique.
Évitez de couper et d’abandonner de grandes masses végétales sur place. Les fragments peuvent parfois reprendre. Si vous doutez, signalez la présence à la mairie ou à une association locale de protection de la nature.
Mesures pour les gestionnaires et propriétaires
Pour les parcelles plus étendues, la lutte demande méthode. Il faut combiner arrachage, suivi régulier et réimplantation d’espèces locales pour reprendre le terrain. Dans certains cas, une intervention mécanique suivie d’un traitement ciblé et professionnel peut être nécessaire.
La prévention reste cruciale : contrôlez les apports de remblais, nettoyez le matériel après travaux en zone humide et surveillez les nouveaux dépôts de sédiments le long des cours d’eau.
Qui alerter et quelles actions collectives ?
Si vous repérez la Périploque de Grèce, signalez-la au CEN PACA ou à la cellule biodiversité de votre commune. Les structures locales coordonnent les actions et savent comment intervenir sans aggraver le problème.
Des campagnes d’arrachage collectif et des suivis annuels existent déjà dans certaines zones. Vous pouvez participer aux chantiers citoyens ou soutenir les associations qui travaillent sur ces problématiques.
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Pourquoi l’état d’alerte est important
Cette liane n’est pas seulement esthétique. Elle fragilise les arbres, diminue les habitats pour les insectes et les oiseaux, et remet en cause les travaux de restauration des zones humides destinés à limiter les crues. Sans action coordonnée, l’équilibre déjà menacé du milieu risque de basculer.
Agir tôt, signaler les populations nouvelles et limiter la dispersion par l’eau sont des gestes simples qui font une vraie différence.
La Périploque de Grèce reste une plante jolie à regarder, mais sa présence impose une vigilance partagée. Vous pouvez aider à protéger les zones humides du Vaucluse en observant, signalant et en participant aux actions locales. Ensemble, il est possible de limiter sa progression.


